Nevado Coropuna (Pérou) 6377m : Toujours aussi magique, mais un retour difficile…

Publié le par gui

00coropuna (19)Après être arrivés à Arequipa le 23 juillet, nous cherchons une excursion pour le canyon de Colca (le 2° plus profond du monde, bien devant le Colorado, mais apparemment moins impressionnant). En cherchant, je vois que les agences proposent des ascensions d’environ 6000m dans les environs. Etant encore acclimaté, Nath me dit d’en profiter car je n’aurais pas beaucoup d’autres occasions. Elle est gentille quand même ma chérie… Les deux sommets proposés aux touristes ne m’intéressent pas trop car ils sont plus bas que le Huayna Potosi que j’ai gravi en Bolivie. J’en cherche donc un autre un peu plus haut et un peu plus dur. Je finis par rencontrer Herman, un guide péruvien qui veut bien m’emmener dès le lendemain pour le Nevado Coropuna à 6377m. Mais cette fois ça ne va pas être de la rigolade car il y a plus de dénivelé, on dort en tente et il n’y a pas le confort des refuges pour manger. Je dois donc le retrouver le 24 à 14h.

 

00coropuna (18)Jour 1 : J’arrive à l’agence pour essayer mon matériel et là c’est assez comique. Je dois essayer le pantalon, la veste, les chaussures… et pour chaque article, j’ai le droit à une fille différente qui m’apporte le truc et me tient mes vêtements et qui me regarde me changer. Nath qui est là et jalouse me dit « elles vont te faire essayer des sous vêtements bientôt… ».

Nous partons à 16h dans un bus local en direction de Cotahuasi. Je suis le seul étranger et lorsque nous nous arrêterons manger un peu plus tard je me sentirais un peu seul dans la gare routière. Des gamins jouent à cache-cache et se planquent sous les bus, dans les bus … assez marrant !

Vers 23h, Herman demande au chauffeur de s’arrêter. Depuis 1H30, nous roulons sur une piste à plus de 4000m d’altitude, en plein désert. Nous descendons donc là, au milieu de nulle part et après 30 min de marche, nous atteignons la lagune où nous devons passer la nuit. On se dépêche de monter la tente et de se glisser dans les duvets car il ne fait vraiment pas chaud. Nous sommes à 4600m et je ne dormirais pas beaucoup à cause du froid.

 

Jour 2 : Vers 7h, on se lève et en ouvrant la porte de la tente, on voit le levé de soleil sur la montagne que l’on va00coropuna (17)escalader. Inutile de dire que nous sommes complètement seuls ici. 9h15, nous partons avec nos plus de 20 kg 00coropuna (25)chacun en direction du deuxième campement. ET là le sens le poids du sac sur mes épaules. En quittant la lagune, nous aurons droit à un vol de flamants rose, assez rare dans ce coin. Nous montons petit à petit vers les 5200m du second camp et les sacs semblent de plus en plus lourds. 00coropuna (16)

Après quelques poses et un sandwich, nous arrivons vers 13h15. Je suis bien mort et dès que la tente est montée, j’essaye de faire un petit somme. Pendant ce temps là Herman, Prépare à manger (soupe, patte au thon et maté de Coca).

Après un repas un peu dur à avaler, je me lance tel « un vrai aventurier » dans le récit à chaud de mon expérience. J’espère à ce moment là dormir assez pour pouvoir être en forme le lendemain car en plus des 1177m de monté, nous avons 00coropuna (15)1850m à redescendre jusqu’au chemin pour attendre le bus qui ne passe que vers 20h. On se couche donc vers 17h et je dormirai 2h avant que le froid n’arrive.

 

 

00coropuna (14)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jour 3 : Levé 1h du mat, préparation pour le froid, il fait – 6°c dans la tente à l’abri du vent, un maté de Coca et c’est parti. Nous commençons à monter l’immense pierrier qui se terminera en fait à 6000m. Normalement le glacier commence à 5200m, mais son recul hyper important et le peu de neige cette année font qu’il se retrouve très haut en ce moment. Dommage je préfère marcher sur la neige.

Au bout de 3h de marche dans ce pu… de pierrier, je commence à en avoir un peu marre et j’ai envie de chausser les crampons. Herman me dit qu’il reste 4h avant le sommet et que nous marcherons une heure sur la neige, le glacier étant encore plus haut qu’il le pensait. Nous passerons des passages raides de « pénitente », mot espagnol pour des sortes de lames de glaces formées par le vent. Puis encore du pierrier, puis des pénitentes très raides et enfin la neige. 00coropuna (27)

00coropuna (12)

00coropuna (11)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous sommes à 6200m et c’est là que les trois derniers clients d’Herman ont abandonné. Pour ma part je suis fatigué, mais je n’ai pas de problème avec l’altitude sauf un léger mal de tête à partir de cette hauteur. On aperçoit un dôme qui semble être le sommet (ce que l’on voit sur toute les photos prises d’en bas), mais le vrai TOP est en fait 45min plus haut. Là je commence à être vraiment mort, mais je ne veux pas lâcher si prêt du but. C’est surtout le fait de penser qu’il va falloir tout redescendre qui me démoralise un peu. 00coropuna (13)

00coropuna (10)9h15, après 7h d’effort, nous voilà à 6377m d’altitude. Le vent glacial souffle très fort, j’ai des stalactites au bout du nez. Il est difficile de poser les gants pour faire quelques photos.00coropuna (26)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

00coropuna (9)Après ces minutes de bonheurs au sommet, nous attaquons la partie la plus facile de la descente, dans la neige en crampons. Nous retrouvons rapidement le pierrier et là va commencer un très long moment pour moi. Avec la fatigue, 00coropuna (8)j’ai moins d’équilibre, je choisi seulement les pierres instables au lieu des blocs bien ancrés du matin. Herman décide alors de prendre un autre chemin pour descendre plus vite et marche ensuite sur le plat. Nous nous retrouvons dans un autre pierrier avec des rochers plus petits où nous descendons tout en glissades. Quelques chutes plus tard, nous sommes perdus au fond d’un vallon. 00coropuna (24)

Pendant que je récupère, Herman cherche la voie la plus facile. Nous franchirons plusieurs vallons avant d’apercevoir notre tente.

A 14h, après prêt de 12h de marche, nous arrivons enfin au campement. Je suis carbo et je n’arriverai à manger qu’une mandarine. Nous devons repartir à 16h pour arriver à la route avant la nuit pour le bus. J’ai tellement mal partout que je n’arrive même pas à dormir mais le fait de m’allonger deux heures me redonnera pas mal de force. En tout cas assez pour porter mon gros sac et descendre à un bon rythme vers la route.

Nous nous perdrons encore une fois en voulant aller trop vite et c’est donc au bout de 2h30 de marche supplémentaire que nous arrivons à notre point de départ.

  00coropuna (23)

Bilan de la journée : 00coropuna (7)

 - Plus de 1300m de positifs et 2000m de négatifs

 - 14H30 de marche

 - Mon deuxième 6000m en une semaine

 - 2 fois perdus en descendant

 

 Nous voilà donc sur la route à attendre le bus. Le problème est que nous ne pouvions pas acheter notre ticket retour avant de partir (c’est ça le Pérou !!) et que nous devons donc arrêter un des trois bus qui passe par jour et espérer qu’il nous prenne. Les deux premiers ne s’arrêteront même pas car ils sont pleins à cause des gens qui rentrent de la fête de Cotahuasi. C’est la seul ville desservie par cette route. Si le troisième ne nous prend pas, nous devrons dormir ici sans pouvoir prévenir Nath car aucun réseau. Je cherche d’autres solutions car je sais qu’elle va s’inquiéter.

 

00coropuna (22)Jour 4 : Et oui il y a bien un jour 4, car le dernier bus et une autre voiture n’ont pas voulu nous prendre, même dans les escaliers… Nous avons donc passé la nuit dans un refuge de chantier. Là c’est un truc de fou, ya un mec qui vit tout seul là bas au milieu de nulle part pendant quelques mois pour surveiller les camions et l’essence. Il fait du feu tous les soirs du coup on a pu se réchauffer un peu et il avait même un dortoir avec des couvertures. Nous passerons la nuit là bas en compagnie d’un papi péruvien qui n’a pas pu prendre le bus lui n’ont plus. Le mec avait deux énormes sacs de viande d’alpaga (et oui ça se mange et c’est très bon) et flippait que ça tourne avant de les vendre.00coropuna (5)

Je me réveille à 6h car j’entends une voiture, mais elle va dans le mauvais sens. 7h15, une autre, mais toujours pas dans la bonne direction. 7H30 un pic up vide qui ne s’arrête pas. Là je commence à penser que ça va être compliqué e00coropuna (6)t j’imagine Nath qui m’attend. 7h45 un camion s’arrête mais en veut prendre personne. On arrive à le convaincre de prendre le vieux et son alpaga car ce sera plus facile pour la suite à 2.

Et à 8h un autre camion s’arrête et accepte de nous conduire plus loin, où nous pourront prendre un bus pour Arequipa. Nous ferons donc 3h de trajet dans une voiture dans la benne d’un camion, pour éviter de manger trop de poussière. 00coropuna (4)00coropuna (1)Sur le trajet je pourrais quelques secondes à Nath avant que ça coupe à nouveau. Juste le temps de dire que ça va et de l’entendre ma dire en pleure que elle ça va pas. Nous attendrons ensuite encore deux heures qu’il y est de la place dans un bus pour prendre la direction d’Arequipa. 00coropuna (2)

 

 

 

 

 

 

 

Et c’est à 17h avec 12h de retard que je retrouve Nath à l’hôtel… La suite est sans commentaire… 00coropuna (3)

 

En tout cas pour moi une sacrée aventure, où j’ai du repousser mes limites à cause de la fatigue et du froid. Et j’espère aller encore plus haut un jour !

Publié dans pérou

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

frédéric 11/08/2010 08:22


la "fin" justifie les moyens ?!
bises
fred


mat 08/08/2010 17:24


c'est ac emotion que l'on a tt lus cetet article chapeau a toi gui gui on te felicite enfin moi en tt cas jte felicite mdrr ben en tt cas c'est paas en france que tira plus haut
allez bsxx


corinne 07/08/2010 22:53


un seul mot bravo !!!!! mais attention de ne pas aller trop haut !!!! bisous


Raúl 07/08/2010 04:23


No tengo palabras para describir vuestra experiencia, es simplemente magnífica. Seguid así. Guillaume, veo que estás disfrutando al máximo de los deportes de aventura. En este momento estoy también
en América, más concretamente en El Salvador. Si os apetece hacer una visita a estas tierras, no tenéis más que decírmelo.
Un abrazo para los dos.